C’est un lundi d’avril 2011. TikTok n’existe pas. ChatGPT non plus. Foursquare, par contre, est en plein boom… les gens « checkent in » au resto comme si leur vie en dépendait! Et moi, j’écris mon tout premier article de blogue, intitulé sobrement Les 10 commandements du Web 2.0 (Partie 1 de 2). Oui, j’étais déjà dans les listes numérotées. Certaines choses ne changent pas, ha, ha!
Quinze ans plus tard, ce blogue professionnel existe toujours. C’est en soi une anomalie statistique dans l’univers du contenu web, où la durée de vie moyenne d’un projet éditorial solo ressemble à peu près à celle d’une résolution du Nouvel An. Alors pour souligner l’occasion, voici 10 faits plutôt incongrus sur ce blogue, ses chiffres, ses fantômes et ses surprises.
1. Le premier article parlait de… Foursquare
Le tout premier billet, publié le 11 avril 2011, citait Foursquare comme exemple de plateforme incontournable pour une entreprise qui se respecte. Il mentionnait aussi Flickr et Groupon. Si vous avez moins de 25 ans et que vous avez dû googler au moins deux de ces noms, bienvenue dans la machine à remonter le temps qu’est ce blogue. Ces plateformes incarnaient alors l’avenir du marketing numérique. Aujourd’hui, elles sont les Betamax du web 2.0. (Vous captez la référence au Betamax, right? Right? 😱 )

D’ailleurs, le terme « Web 2.0 » lui-même a pratiquement disparu du vocabulaire professionnel. On parle maintenant de médias sociaux, de marketing numérique, d’IA générative, de GEO. Quinze ans, c’est trois révolutions de langage dans la même industrie.
2. Un blogue PROFESSIONNEL bilingue, issu d’une résolution du Nouvel An
Ce que peu de gens savent, c’est que ce blogue a longtemps existé en deux versions : une en français, une en anglais. Et cette décision de publier dans les deux langues, à raison d’un article par semaine chacune, était une résolution du Nouvel An 2012. Deux articles originaux par semaine, pas de traductions paresseuses. Même sujet parfois, mais traité différemment selon l’audience : généraliste au Québec, spécialisé tourisme-hôtellerie à l’international.
Pendant plusieurs années, c’est ainsi quelque 47 articles en anglais et 51 en français qui ont été publiés en une seule année. Soit à peu près deux articles par semaine, toute l’année, seul. Je vous laisse apprécier mon niveau de masochisme à l’époque!
3. C’était d’abord un hobby… et ça paraissait
Ce blogue a commencé comme une curiosité personnelle. Un passe-temps. Une façon de mettre de l’ordre dans mes idées après des conférences et des lectures. Il faut dire qu’à l’époque, j’étais vice-président marketing et communications au Massif de Charlevoix, et que je voyais l’expérience comme une expérience qui pourrait faire oeuvre utile dans ma vie personnelle mais aussi au boulot.

Ce n’est qu’à l’automne 2011, quelques mois après le coup d’envoi, qu’une approche plus professionnelle s’est mise en place. Et c’est en mars 2012, avec la migration depuis la plateforme WordPress.com vers mon propre domaine et le lancement officiel de Gonzo Marketing, que tout s’est vraiment structuré. Si vous allez fouiller les tous premiers articles, ceux d’avril-mai 2011, il y a un côté « premier jour de classe » assez attendrissant. Ou pas! 😜
4. À l’époque, 103 visiteurs uniques par jour
Quand j’ai atteint les 100 articles publiés, à l’été 2012, j’ai levé le capot pour partager quelques statistiques. En trois mois (mars à mai 2012), le site avait enregistré 11 727 visites, dont 9 311 visiteurs uniques, soit 103 visiteurs uniques par jour avec un temps moyen de lecture de 1 min 14. Ça peut sembler modeste aujourd’hui, pour un blogue qui concurrence maintenant avec des reels, des podcasts et des newsletters.
Mais pour un blogue de niche en marketing numérique, en 2012, c’était une belle traction organique. Surtout que le contenu était aussi relayé sur Social Media Today, où un article notamment sur les tendances mobiles a cumulé plus de 13 000 lectures en un mois. Pas mal pour un gars qui bloguait encore « pour le fun ».
5. La catégorie reine? Les médias sociaux
Si on regarde les sujets de prédilection du blogue français, les Stratégies des médias sociaux dominent avec 249 articles, suivies des Stratégies de marketing web (224) et du Marketing touristique (166). En anglais, c’est la catégorie Travel Marketing qui mène avec 197 articles, suivi des Social Media (111).
Lire le plus récent article à ce sujet: Benchmark médias sociaux 2026: moins publier, mieux performer?
Même auteur, deux positionnements distincts. Le blogue français a servi de tribune généraliste pour les PME québécoises. Le blogue anglais s’est concentré sur l’industrie touristique et hôtelière internationale. Deux audiences, deux voix, un seul cerveau légèrement surmené.
6. Le marketing d’influence? Présent, mais discret
La catégorie Marketing d’influence ne compte que 5 articles en français. Cinq. Pour un des sujets les plus traités dans l’industrie depuis dix ans, je vous que ça m’a surpris un peu. Si on ajoute les 10 articles publiés en anglais sous Influence Marketing, on arrive à 15 au total, ce qui reste la catégorie la moins représentée dans l’ensemble de la production éditoriale.
Est-ce un choix délibéré? Disons que le sujet a souvent été abordé de façon transversale, intégré dans des articles sur les médias sociaux ou le marketing de contenu, plutôt que traité comme une discipline à part. J’avoue avoir rédigé quelques articles invités sur le sujet, notamment pour le compte de Skift (aux États-Unis), dans le bulletin québécois TourismExpress ou encore le blogue français etourisme.info. Mais bon, 15 articles en 15 ans sur un sujet aussi porteur, sur mon propre blogue… c’est le petit angle mort que j’assume.
7. L’IA? Ça, c’est récent
La catégorie Intelligence artificielle ne compte que 31 articles en français. Pas parce que le sujet a été négligé, mais parce qu’il n’existait tout simplement pas (ou si peu) dans le vocabulaire marketing avant 2022-2023.
En 2011, si vous aviez dit à votre client hôtelier que dans 12 ans, un outil d’intelligence artificielle allait rédiger ses descriptions de chambres et répondre à ses avis TripAdvisor, il vous aurait regardé avec le même mélange de fascination et de scepticisme que si vous lui aviez annoncé que le pont Mercier (à Montréal) allait avoir son propre blogue. (Ce qui, soit dit en passant, était aussi un exemple cité dans ce fameux premier article de 2011. Oui, oui, le pont Mercier avait un blogue.)
8. Le blogue anglais a pris sa retraite en 2024
Après environ 12 ans de production bilingue soutenue, le blogue anglais a publié son dernier article en janvier 2024. Un pivot éditorial assumé : concentrer l’énergie sur le marché québécois, en français, avec une fréquence et une profondeur qui restent au rendez-vous en 2026. En fait, quand je dis que c’est un pivot éditorial assumé, c’est aussi un constat lucide qu’on ne peut pas tout faire, tout le monde. À un moment donné, j’ai décidé de mettre le focus là où ça rapportait, là où je sentais que je pouvais encore faire une différence.
Ce n’est pas une mort, c’est une spécialisation. Le blogue anglais reste en ligne, consultable, comme une archive vivante d’une décennie de marketing touristique international. Certains articles vieillissent remarquablement bien. D’autres moins. C’est aussi ça, la transparence éditoriale.
9. Plus de 700 articles et environ 2 100 heures de rédaction
La page d’accueil affiche fièrement « 700 articles ». Si on estime une moyenne réaliste de 3 heures par article (recherche, rédaction, mise en page, images, diffusion) on arrive à plus de 2 100 heures de travail éditorial accumulé en 15 ans. C’est 87 jours complets, 24h/24. Ou, pour être plus réaliste, une bonne dizaine d’années à sacrifier quelques soirées et fins de semaine par mois. Et encore… j’ai fait le ménage il y a quelques années, et supprimé certains articles qui avaient mal vieilli ou qui n’étaient franchement plus pertinents.
Je dis ça sans me plaindre. Le blogue a été l’un des meilleurs investissements de positionnement professionnel que j’aie jamais faits. Mais la prochaine fois qu’un client me demande si « tenir un blogue, c’est beaucoup de travail », la réponse est oui. Résolument oui.
Mais à l’ère de la découvrabilité à l’ère de l’IA et de l’importance de se forger une autorité sur le web, si on souhaite se positionner comme “source officielle” ou voix de référence dans un champ d’expertise, le blogue demeure encore un outil de choix, même s’il n’est plus le seul, loin s’en faut.
10. En 2011, 94 000 fans sur Facebook, c’était un exploit
Pour finir en beauté, ou en humilité, c’est selon, voici peut-être la stat la plus révélatrice de l’évolution du paysage numérique. Dans ce premier article de 2011, je citais comme exemple d’excellence le fait qu’Air Transat avait réussi à passer de 3 500 à 94 000 fans sur Facebook en moins d’un an. Un exploit méritant une mention dans un article sur les meilleures pratiques.

Aujourd’hui, une page Facebook à 94 000 abonnés serait considérée comme… correcte. Pas mauvaise, mais certainement pas un cas d’étude. Ce seul exemple résume mieux que n’importe quel graphique à quel point les standards, les attentes et les plateformes ont radicalement changé en quinze ans.
Et maintenant?
Quinze ans dans l’industrie du marketing numérique, c’est à la fois une éternité et un battement de cil. Les plateformes changent, les algorithmes pivotent, les termes à la mode se recyclent. Mais le fond, lui, reste étonnamment stable : comprendre son audience, créer du contenu utile, être cohérent dans le temps. C’est ce que ce blogue a essayé de faire depuis le premier lundi d’avril 2011.
Je vous avoue que c’est moins évident aujourd’hui de maintenir le même rythme d’activité qu’à mes débuts. Il y a bien sûr une certaine fatigue qui s’installe après la rédaction d’autant de contenus, parfois à plusieurs reprises sur un même sujet mais avec un angle nouveau. Puis, il y a les médias sociaux qu’on doit alimenter, les mandats clients à livrer, sans oublier le quotidien qui reprend ses droits, avec des obligations familiales qui demeurent bien réelles.
Bref, merci de lire, de partager, de commenter, et parfois de me rappeler qu’un article vieux de huit ans est encore trouvé sur Google. C’est la plus belle des validations pour quiconque investit dans le contenu à long terme.
On se retrouve pour les 20 ans. D’ici là, il va se passer encore beaucoup de choses… et j’espère encore être de la partie, ici et sur les médias sociaux ou via mon infolettre afin d’être témoin de ces évolutions qui continuent d’avoir un impact sur le quotidien des marketeurs d’ici et d’ailleurs!



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