Blogue de Frederic Gonzalo

Stratégie de contenu. Règle 4: La constance

Il y a trois semaines, nous avons identifié les cinq règles d’or à respecter pour obtenir une stratégie de contenu dynamique et efficace. Au cours des prochains billets, j’approfondis chacune de ces règles d’or au moyen d’exemples concrets. Cette semaine: Comment demeurer constant.

Êtes vous abonnés à un journal quotidien? Si oui, vous savez comme moi que c’est frustrant lorsque le journal n’est pas livré à l’heure prévue ou, pire encore, s’il n’est pas livré du tout. Ce raisonnement est tout autant valide pour n’importe quelle publication, que ce soit un journal hebdomadaire, un magazine mensuel voire même votre Publisac que vous recevrez, quoi qu’il advienne, le jeudi avant le shopping du week-end!

Quand on élabore une stratégie de contenu pour une marque, il est important d’aborder le tout avec la même approche qu’un éditeur. Vous êtes éditeur de vos contenus, que ce soit sur votre blogue, votre magazine en marque blanche, votre présence sur les médias sociaux et les plateformes mobiles, votre infolettre et votre site internet. Alors si vous êtes éditeur de vos contenus, pensez comme un éditeur et la règle d’or en est une de constance.

Quelles sont les excuses classiques qui expliquent que certaines marques sont actives sur les médias sociaux, puis deviennent silencieuses au fil du temps? Pas le temps. Aucune ressource. Pas de retour sur l’investissement rapide (ROI), donc on passe à autre chose… Pour le ROI, c’est un tout autre débat. Mais pour les excuses de temps et de ressources, voici six trucs qui pourront vous aider à surmonter ces écueils:

1. KISS

Le classique « Keep it Simple, Stupid » est né lors de la campagne électorale de Bill Clinton en 1991, mais aujourd’hui, à l’ère des médias sociaux, cet acronyme peut aussi vouloir dire « Keep it Shareable & Significant ». En d’autres mots, gardez votre contenu simple et, idéalement, facile à partager par les membres de votre communauté. Une belle photo du jour, sur votre page Facebook, peut très bien faire l’affaire. Ce sont les contenus les plus partagés dans les médias sociaux, ils sont pertinents auprès des fans et sont faciles à partager. Les centres de ski utilisent bien cette approche, notamment Jay Peak, Tremblant et le Massif de Charlevoix.

2. Impartir la création

Si vous avez respecté la deuxième règle d’or, soit de bâtir un calendrier éditorial, vous devriez savoir à l’avance quels sujets et thématiques vous aurez à aborder au courant de l’année. Cessez de tout vouloir faire vous-mêmes, et faites affaire avec des pigistes au besoin: rédacteurs, photographes, vidéastes, etc. Et si c’est une question de budget, regardez parmi vos fans ou abonnés: plusieurs n’attendent que l’opportunité de partager leurs photos avec vous.

La Commission Canadienne du Tourisme vient d’ailleurs de développer une campagne en ce sens, où ce sont des vidéos amateurs qui sont au centre de la stratégie sociale.

3. Croiser vos plateformes

Une autre solution est de cesser de traiter vos canaux de communication en silos. Il est tout à fait approprié de prendre des contenus de votre infolettre et les repiquer dans un billet de blogue. Ou de réutiliser une photo du jour de votre site web sur votre page Facebook et votre compte Flickr. Ou de diffuser une vidéo originale sur votre canal Youtube d’abord, puis la réutiliser quelques jours plus tard dans une infolettre. Et ainsi de suite…

Vos contenus devraient circuler, dans la mesure du possible bien sûr, mais vous pouvez toujours utiliser Twitter pour faire le promotion de nouveaux contenus sur votre page Facebook, votre site web ou un autre de vos canaux.

ATTENTION: Croiser vos plateformes ne veut pas dire automatiser les messages, par exemple tout message sur votre page Facebook devient automatiquement un tweet sur votre compte Twitter. Cette pratique est à proscrire, à moins que vous ne vouliez aliéner votre communauté sur Twitter. Ou ne pas avoir de communauté du tout, c’est selon. 🙂

4. Recycler

J’aurais pu aussi dire « Répéter », mais recycler est un terme plus vendeur, non? Dans les faits, vous avez le droit et le devoir de répéter certains messages, particulièrement sur Twitter où l’instantanéité des messages fait en sorte que votre tweet ne se rendra pas à l’auditoire visé. Sur Facebook, une étude récente révèle que seulement 1% de vos fans consomment votre contenu!

Donc, n’hésitez pas à ramener certains sujets sur le tapis, tout en étant original. Par exemple, vous souhaitez parler d’un forfait pour la relâche? Le sujet peut être abordé en janvier dans votre infolettre, repiqué sur votre page Facebook à 1-2 reprises, mentionnés encore dans votre infolettre de février (placé ailleurs, mais tout aussi stratégiquement), tweetés à quelques reprises, etc.

Encore un avertissement: tout est dans le dosage! Attention de ne pas répéter pour répéter. Essayez de trouver un angle différent, changer de canal, et donner de l’espace entre votre contenus répétitifs, le cas échéant.

5. Varier les types de contenu

J’y reviendrai la semaine prochaine dans la dernière règle d’or à respecter (la pertinence et l’originalité), mais le fait de changer le type de contenu est une façon efficace d’éviter le syndrome de la page blanche. Par exemple, pour votre page Facebook, il existe une panoplie de trucs pour susciter de la conversation et de l’engouement: poser une question, créer un concours, écrire une phrase en demandant à votre communauté de la compléter (fill in the blank), mettre de l’avant une photo d’un client ou partenaire, etc.

D’autres vont instaurer une thématique, afin de rendre les contenus récurrents, i.e. les mardis historiques, les fun fridays. Sur un blogue d’hôtel, il pourrait y avoir une chronique régulière sur les attraits et événements à proximité. Enfin, gardez vous une marge de manoeuvre pour de la spontanéité: si une vague de chaleur inattendue s’abat sur votre destination, c’est le temps de mettre de l’avant les activités au grand air: randonnée, golf, parc aquatique, etc.

6. Solliciter des invités

Pour votre blogue corporatif, plutôt que de vous farcir tous les contenus, ayez des blogueurs invités. Plusieurs n’attendent que cette opportunité, qui est gagnante pour les deux parties. On donne une belle visibilité pour le blogueur, qui peut référer et générer du trafic vers sont blogue, le cas échéant. Et vous profitez de contenus originaux, sans avoir à tous les rédiger.

Même chose pour Facebook: pourquoi ne pas avoir le DG de l’hôtel répondre aux questions et commentaires des fans, une fois par mois, lors d’un chat en direct sur Facebook? Et pourquoi pas faire un hangout sur votre page Google+ avec un invité vedette et vos fans?